Les ouvrages particuliers

Claude PRECHEUR

LES TUILES À EMBOÎTEMENT

Les tuiles à emboîtement ne doivent pas être posées sur un voligeage, cela est interdit, elles se posent sur litonnage résineux dans le cas d’une charpente en bois, sur cornières lorsque la charpente est métallique.Le pureau de la tuile définit l’écartement des liteaux. Le pureau est donné par le fabricant, c’est celui-ci qu’on utilise pour définir le nombre de lattes à commander pour le chantier Le pureau moyen se calcule sur le chantier avant la pose des liteaux. Exemple sur 12 tuiles prises au hasard sur le chantier, posées à l’envers sur une aire plane, en tirant au maximum les emboîtements. Ce qui donne une longueur L. On exécute le contraire en serrant au maxi les emboîtements, ce qui nous donne une longueur l Le pureau pratique en cm sera de L=l divisé par 20.

LA POSE
La pose commence toujours par le bas du versant, soit à droite soit à gauche, suivant le sens d’emboîtement de la tuile. Suivant le modèle de tuile, on pose à joint droit ou croisé, dans ce cas, il faut des 1/2 tuiles pour débuter ou finir un rang. Les tuiles doivent être alignées, c’est pourquoi il est utile d’utiliser des tracés verticaux Au dessus d’une pente de 1,50 % et si l’exposition du versant est au vent dominant, on fixe aux liteau les tuiles par clouage ou pannetonnage à raison de : 1 tuile sur 5. Dans les sites exposés et si la pente est > à 1,00 % on doit également fixer toutes les tuiles d’égout et de rives. Avec une pente de 3,00 % on fixe toutes les tuiles. Si on utilise du mortier pour le scellement, on doit impérativement utiliser du mortier de chaux ou bâtard, en aucun cas du mortier de ciment pur.

L’ÉGOUT
L’égout droit Le premier de tuile est fixé au 2 ème liteau et la base de la tuile est posée sur un double liteau (basculement) pour obtenir la même pente que les autres rangs. Égout biais Les tuiles de départ d’égout sont tranchées à la meule afin d’avoir un ouvrage esthétique.

LE FAÎTAGE
La ligne de faîtage est recouverte de tuiles spécialement conçues (faîtières) à bourrelet ou à recouvrement, elles peuvent être scellées au mortier bâtard ou de chaux ou posées à sec avec des fixations. Le recouvrement se fait dans le sens opposé au vent de pluie.

LES ARÊTIERS
Sur la ligne d’arêtier,Il faut découper les tuiles en biais selon cette ligne sceller et recouvrir de tuiles spécialement conçues (arêtier) Le scellement et les joints sont exécutés au mortier de chaux ou bâtard.

LA NOUE
La charpente doit être conçue pour recevoir la noue. La noue est réalisée à l’aide d’une pièce en zinc ou en métal, posée sur un voligeage. Suivant la pente et l’eau à récupérer, la forme et la longueur de cette pièce sera constituée avec un relevé de 2 à 4 cm. Les tuiles seront découpées en rive de noue suivant cette ligne en chevauchant sur la pièce métallique de 8 cm au moins.

LES RIVES
Les rives de tête Le dernier rang de tuile est recouvert de préférence par une garniture en zinc avec une bande de solin Les rives latérales Rive droite Elle est constituée par une tuile spécialement conçue fixée à une planche de rive elle même clouée sur un chevron ou directement sur le pignon. Cette planche peut être recouverte par une garniture métallique. Rive biaise Elle est traitée soit en noue ou en arêtier.

LES PÉNÉTRATIONS
Pénétrations continues On entend par pénétration continue, les ouvrages qui limitent la surface de couverture : Tête de pignon, mur mitoyen. L’intersection et la pénétration peuvent être suivant la ligne de la plus grande pente ou perpendiculaire à celle-ci, ou encore oblique par rapport à celle-ci.

  • Suivant la ligne de la plus grande pente. Les tuiles sont découpées jusqu’à 1/2 tuile et un solin en mortier peut être réalisé mais de préférence on utilise une garniture en zinc avec une bande de solin.
  • Pénétration continue perpendiculaire ou oblique à la ligne de plus grande pente de la couverture. Deux cas sont possibles, on les traite comme des rives de tête lorsque l’intersection se trouve au point le plus haut de la couverture, on les traite comme des chéneaux lorsque l’intersection se trouve au point le plus bas de la couverture.

Pénétration discontinue Les pénétrations discontinues telle les cheminées, les fenêtres de toit doivent être traitées, sur les côtés et sur le devant, comme des pénétrations continues, à l’arrière, on placera une pièce en zinc sur forme de pente.

LA VENTILATION
Une ventilation Il est indispensable d’avoir une bonne ventilation afin de conserver les tuiles et les bois le plus longtemps possible Pour avoir une ventilation efficace de la sous face des tuiles, la section des orifices de passage d’air doit être égale à 1/5000 dans une couverture sans écran et de 1/3000 dans le cas de pose avec écran. Des entrées et sorties d’air doivent assurer la ventilation (ex : chatières) en partie basse et en partie haute. Celles-ci doivent être situées en quinconce sur ligne haute et sur une ligne basse à raison de trois par versant au minimum.
Exemple : avec des chatières de 50 cm², il en faudra 1 pour 25 m2 Si la pente est de 0,40 % une chatière pour 27 m2 dans le cas où il n’y a pas d’écran, il en faudra 1 pour 15,m2 avec une couverture avec écran, Si la pente est de 0,40 % une chatière pour 16 m².

LES TUILES CANAL


L’égout : le premier rang de tuiles de courant et souvent scellé au mortier de chaux et une sur-épaisseur de mortier assure le basculement , quand les tuiles sont posées à sec, la chanlatte remplace cette épaisseur. Si le porte à faux est important il faudra soigner le scellement. La saillie du premier rang peut être soutenu par une corniche dite génoise qui peut être réalisée par 2, 3, ou 4 rangs de tuiles rondes.

La noue : Pour la couverture en tuile canal, seule la noue métallique est adaptable.

Les rives latérales : La dernière travée de tuiles de courant (tuiles de dessus) est scellée au mortier de chaux ou bâtard. Un parement raccorde les tuiles avec e nu du mur image 01. Dans certains cas, on utilise des bardelis en tuiles plates (image N°02

Les pénétrations La réalisation du raccordement entre les tuiles de courant et la paroi verticale d’un mur (pénétration) se fait de trois façons : Soit avec un solin de mortier de chaux ou bâtard. Soit à l’aide de bardelis posés sur la tuile de courant. Ces bardelis peuvent être des tuiles plates ou des tuiles rondes coupées dans le sens de la longueur Soit avec un abergement.

L’arêtier et le faîtage
La ligne de faîtage et la ligne d’arêtier sont garnies de tuileau entre les tuiles de dessus et recouvert soit avec des tuiles identiques à la couverture ou avec des plus grandes, posées dans le sens contraire au vent de pluie.l’ensemble est scellé au mortier de chaux ou bâtard, on ne doit, dans aucun cas, utiliser un mortier de ciment pur.

LES TUILES PLATES

Pour une bonne étanchéité, le chevauchement des tuiles plates est des 2/3 de la surface, c’est pourquoi il est nécessaire d’utiliser des tuiles plus courtes vers l’égout et au faîtage. Les éléments se posent bord à bord en accrochant les tenons aux liteaux. Le rang supérieur est croisé par rapport au précédent. Il est important de prévoir un petit jeu entre les tuiles latéralement afin que la couverture puisse suivre les mouvements de charpente. Dans les régions ventées, il est nécessaire de fixer toutes les tuiles d’égout et de rive. Dans le cas ou la pente est supérieure à 1,75 % 10 tuiles par m2 carré devront être clouées et au-delà de 3 % toutes les tuiles doivent être fixées.

L’ÉGOUT
Le basculement est constitué par une chanlatte et une tuile courte sera entièrement recouverte par la tuile du second rang.En cas d’entablement, on assurera la mise hors d’eau avec autant de rang de tuile que nécessaire en les scellant sur une forme de pente. Dans le cas d’une ligne d’égout biaise, les tuiles sont découpées suivant cette ligne afin de conserver les rangs croisés. Quand il y a débord de toit, pour éviter la prise au vent, il faut soit fermer le dessous de la toiture, soit fixer toutes les tuiles des rangs débordants.

LE FAÎTAGE
Le dernier rang de tuiles est recouvert par un rang de tuiles courtes et la ligne de faîtage est recouverte de faîtières scellées au mortier bâtard. Le recouvrement doit être égal à une longueur de pureau.
L’ARÊTIER
Les arêtiers sont réalisés de trois manières : Par cornier en terre cuite angulaire ou demi ronde cloués sur un tasseau ou scellés au mortier. Par un filet de mortier à trois arêtes, mordant sur les deux pans. À l’aide de noquets métalliques cachés sous les tuiles, celles-ci sont constituées par double tranchis avec approche et contre-approche.

LA NOUES
Les noues sont faites également de plusieurs façons. - Avec des éléments spéciaux ( pièces de noue - A double tranchis 1) à l’aide de pièces métalliques autoportantes 2) à l’aide de noquets cachés entre la superposition des tuiles.

LES RIVES LATÉRALES
Trois sortes de rives :

  • Les rives droites, elles sont constituées par une garniture métallique sur une planche de rive ;
  • Des pièces spéciales en terre cuite ;
  • Une ruellée maçonnée avec dérivure, cette solution est la moins bien adaptée.
    LES RIVES DE TÊTE
    1) Avec dépassement du mur , Le dernier rang de tuiles est scellé et recouvert d’un solin en mortier bâtard ou par un filet de mortier, lui même recouvert d’une garniture en zinc et un solin 2) Sans dépassement de mur, on utilise des faîtières ou on réalise une garniture en zinc.

LES PENETRATIONS

Pénétrations continues
Lorsque la surface de couverture sur tout son côté est délimitée par des ouvrages, on appelle ses pénétrations : Pénétrations continues. Deux façons d’avoir ses pénétrations :

  • Suivant la ligne de la plus grande pente. Dans ce cas, on réalise un solin de mortier ou de préférence un filet de mortier avec une garniture en zinc rentrant au minimum de 10 cm dans le rang de tuiles et une bande de solin.


  • Pénétration continue perpendiculaire ou oblique à la ligne de plus grande pente de la couverture. Deux cas sont possibles, on les traite comme des rives de tête lorsque l’intersection se trouve au point le plus haut de la couverture, on les traite comme des chéneaux lorsque l’intersection se trouve au point le plus bas de la couverture.

Pénétration discontinue
Les pénétrations discontinues telle les cheminées, les fenêtres de toit doivent être traitées, sur les côtés et sur le devant, comme des pénétrations continues, à l’arrière, on placera une pièce en zinc sur forme de pente (besace).