Maçonnerie

Claude PRECHEUR

Maçonnerie

Les maçonneries participant au contreventement (façades ou refends) doivent avoir une épaisseur minimale de :

  • 10 cm pour les murs en béton banché ou en maçonnerie d’éléments pleins ;
  • 20 cm pour les murs en maçonneries d’éléments creux ou de béton cellulaire.




    Lorsqu’une coupure de capillarité est prévue, elle doit être constituée par une chape de mortier de ciment, richement dosé et hydrofugé.
    Les joints verticaux entre les petits éléments doivent toujours être remplis.
    Les joints de fractionnement doivent être vides de tout matériau. Leur largeur minimale est de 4 cm.
    Les maçonneries doivent impérativement être chaînées comportant des chaînages en béton armé : Le système de chaînage limite les déformations des panneaux et empêche la maçonnerie de se disloquer, même si elle commence à fissurer, en la « confinant ». Les armatures des chaînages doivent constituer un réseau continu et résistant depuis les fondations jusqu’à la toiture.




Constitution du bâtiment (avec ou sans niveau enterré)k
Rez de chaussée + toiture légère 25
Rez de chaussée + toiture terrasse ou sous-toiture en béton ou comble aménageable 15
Rez de chaussée + étage + toiture légère 15
Rez de chaussée + un étage + toiture terrasse ou comble aménageable 10



Dans les parties ne participant pas au contreventement, les chaînages verticaux ne doivent pas être distants les uns des autres de plus de 5 m.
Pour les portes et portes fenêtres, chaînage obligatoire. la porte est considérée comme une limite de panneau, alors que la fenêtre est considérée comme zone faible à renforcer.

Les murs porteurs en maçonnerie chaînée (systèmes à murs porteurs)

La maçonnerie est mise en oeuvre avant le béton armé des chaînages :
- En pratique,
les dimensions et les armatures des chaînages respectent des règles de mise en oeuvre de chaînages (voir plus loin), la maçonnerie est mise en place, et ensuite seulement le béton est coulé dans les chaînages qui sont coffrés à l’extérieur,
Ainsi le béton, vibré, adhère parfaitement aux blocs qu’il est recommandé de monter « en harpe » pour réduire encore le risque de désolidarisation entre les chaînages et la maçonnerie.
La maçonnerie de remplissage des ossatures (systèmes poteaux-poutres)
Le béton armé est coulé dans les coffrages et ensuite certaines travées sont remplies de maçonnerie :
- En pratique,
les dimensions et les armatures des poteaux et des poutres respectent des règles de mise en oeuvre des poteaux et des poutres qui sont beaucoup plus exigeantes que celles des chaînages, le béton est coulé dans les coffrages. Après décoffrage on met en place les blocs à maçonner. Il est extrêmement difficile de donner la nécessaire cohésion entre la maçonnerie et l’ossature en raison des difficultés de mise en place correcte du mortier sur les côtés et en haut du panneau, et de sa prise après que le béton de l’ossature ait tiré.
Une construction en maçonnerie comprend un certain nombre de murs. Pour empêcher son effondrement sous l’action d’un séisme, elle doit comporter un nombre suffisant de panneaux de murs « résistants » aux poussées horizontales et bien disposés dans les deux directions de la construction.
Tous les murs de maçonnerie (résistants ou non) doivent être compris entre des chaînages verticaux et des chaînages horizontaux qui les confinent pour empêcher leur dislocation sous l’effet des poussées horizontales.

Pour les panneaux de maçonnerie « résistants » appelés « trumeaux »
Les trumeaux dans ces mêmes éléments ont une largeur d’au moins 1,10 m ; ils doivent être limités par des éléments verticaux armés et ne doivent comporter aucune ouverture. Les dimensions des panneaux de murs du projet parasismique dépendent du type de blocs choisis.
Ces dimensions ont été déterminées par le BET en fonction de la nature et de l’épaisseur des blocs. Pour que ça tienne en cas de séisme, il ne faut rien changer au choix des blocs du descriptif sur le chantier.
La résistance de ces panneaux doit être effective, car c’est eux qui vont empêcher l’effondrement, et pour cela ils ne doivent être ni trop « étroits » (déséquilibre possible sous les poussées horizontales), ni trop larges (inefficacité des chaînages pour assurer leur rigidité au regard des déformations perpendiculaires au plan).
Ils doivent être pleins (toute ouverture constitue un point faible) et bien répartis sur l’ensemble de la construction dans les deux directions, à chacun de ses étages et de préférence superposés. L’idéal serait de les disposer au moins sur tous les angles de la construction car ce sont les zones de la construction qui ont besoin du plus de résistance.
Pour les autres panneaux de maçonnerie (ceux qui n’assurent pas la résistance) Ils comportent les ouvertures du bâtiment, mais on ne compte pas sur eux pour « contreventer » le bâtiment, c’est-à-dire éviter son effondrement. Néanmoins, ils ne doivent pas se disloquer et créer un danger. Ils doivent donc obéir aux mêmes conditions de chaînage, de dimensions maximum et leurs ouvertures doivent être solidement encadrées.

Caractéristiques réglementaires des trumeaux :
- Épaisseur des blocs égale ou supérieure à 15 cm (20 cm pour les éléments creux)
- Largeur et hauteur du panneau inférieures ou égales à 5 m
- Surface du panneau inférieure ou égale à 20 m²
- Dimensions de la diagonale du panneau pour les blocs creux inférieure ou égale à 25 épaisseurs des blocs utilisés.
- Dimensions de la diagonale du panneau pour les blocs pleins inférieure ou égale à 40 épaisseurs de blocs utilisés
- Un seul percement de 20 cm maximum hors des diagonales autorisé par panneau.

La longueur totale des trumeaux dans une direction, exprimée en mètres, ne doit pas être inférieure au quotient de la surface S totale construite au sol, en mètres carrés, par un coefficient k donné par le tableau ci-dessous.