Assainissement autonome

Claude PRECHEUR

assainissement NON COLLECTIF

Principes généraux
Des installations d’Assainissement Non Collectif
Composition d’une installation :
Une installation d’assainissement non collectif désigne toute installation d’assainissement assurant la collecte, le transport, le traitement et l’évacuation des eaux usées domestiques ou assimilées.
La collecte et le transport des eaux usées domestiques en sortie d’habitation sont réalisés par un dispositif de collecte (boite, etc.) suivi de canalisations ;
Le traitement des eaux usées est réalisé soit :
- dans le sol en place, ou un sol reconstitue avec traitement amont par fosse septique toutes eaux,
- par un dispositif de traitement agréé par les Ministère ;
L’évacuation des eaux usées domestiques traitées est réalisée en priorité par infiltration (1) dans le sol et à défaut par rejet vers le milieu hydraulique superficiel (2) (cours d’eau, fosse…)




Choix de l’installation
Le choix d’une installation d’assainissement non collectif dépend des paramètres suivants :
La taille de l’habitation : nombre de pièces principales.
Les caractéristiques du site : surface disponible, limites de propriété, arbres, puits, cavités souterraines, passage de véhicules, emplacement de l’habitation, existence d’exutoires, superficiels (cours d’eau, fossé…), pente du terrain, sensibilité du milieu récepteur (site de baignade, cressonnière, périmètre de protection de captage…), servitudes diverses, etc.
L’aptitude du sol à l’épuration : perméabilité, épaisseur de sol avant la couche rocheuse, niveau de remontée maximale de la nappe, etc.
Pour concevoir l’installation, il est vivement recommande de se rapprocher d’une entreprise spécialisée dans ce domaine (installateurs, bureau d’études).




Dimensionnement :
Dans le cas de la maison individuelle, le nombre de pièces principales (PP) permet de définir la relation avec l’équivalent-habitant (EH), selon la formule EH = PP.
Dans les autres cas (gîtes, maisons d’hôtes…), il convient de se référer a une étude particulière pour définir la capacité d’accueil.
Les pièces principales sont celles définies dans l’article R111-1 et R111-10 du code de la construction et de l’habitation. En particulier on peut noter que : ‘un logement ou habitation comprend, d’une part, des pièces principales destinées au séjour ou au sommeil, éventuellement des chambres isolées et, d’autres part, des pièces de service, telles que cuisines, salles d’eau, cabinets d’aisance, buanderies, débarras, séchoirs, ainsi que, le cas échéant, des dégagements et des dépendances’

implantation
L’assainissement non collectif exige une surface minimale sur la parcelle en tenant compte des distances a respecter vis-à-vis de l’habitation, des limites de propriété, des arbres, des puits, etc.
Attention : Avant l’exécution des travaux, le projet d’installation d’assainissement non collectif devra avoir reçu un avis favorable du SPANC.

TRANCHÉES D’ÉPANDAGE A FAIBLE PROFONDEUR
Ce système est constitué de canalisations de dispersion placées à faible profondeur dans des tranchées gravillonnées qui permettent l’infiltration lente des effluents pré-traités sur une importante surface et leur épuration par les micro-organismes du sol.
Ainsi, le sol en place est utilisé comme système épurateur et comme moyen dispersant.

  • Surface disponible pour l’assainissement supérieure à 200 m².
  • Perméabilité du sol comprise entre 15 et 500 mm/h.
  • Profondeur de la nappe phréatique supérieure à 1,20 m.
  • Absence de traces d’hydromorphie sur une profondeur d’au moins 70 cm à 1 m.
  • Pente de terrain inférieure à 2 % (si comprise entre 2 et 10 %, les tranchées pourront être disposées perpendiculairement à la pente).
  • Les regards doivent être posés parfaitement horizontalement et sur un lit de sable compacté de 10 cm d’épaisseur.
  • Les raccords du regard de répartition doivent être souples. En sortie, il est obligatoire de mettre en place des tuyaux pleins appelés “ tuyaux de distribution ”.
  • Selon le niveau d’arrivée des effluents, la tranchée doit avoir une profondeur comprise entre 60 cm et 1 m avec une largeur constante de 50 cm minimum. L’espacement à respecter entre deux tranchées consécutives sera de 1,5 m (d’axe à axe).
  • La pose des tuyaux non perforés (tuyaux de distribution et de bouclage) se fera également sur un lit de 10 cm de sable.
  • Les tuyaux d’épandage doivent avoir un diamètre au moins égal à 100 mm, être rigides et résistants.
    Ils seront munis de petits orifices dont l’ouverture sera au minimum égale à 5 mm. La fouille accueillant ces tuyaux d’épandage sera parfaitement plate et horizontale et devra être remplie de graviers (granulométrie 10 mm - 40 mm) sans fine jusqu’au fil d’eau. La pose des tuyaux d’épandage
    sera ensuite réalisée à même le gravier (au centre de la tranchée) avec une pente régulière de 5 %.
    Les tuyaux seront calés par une couche de 10 cm de graviers étalés de part et d’autre.
  • Les tuyaux sont à poser à faible profondeur (30/40 cm).
  • Avant d’apposer la couche de terre végétale, il est nécessaire de recouvrir toute la surface des tranchées d’infiltration avec un géotextile imputrescible perméable à l’eau et à l’air (grammage 100 g/m² minimum).
  • La terre végétale, débarrassée de tout élément caillouteux de gros diamètre, est répartie par couches successives directement sur le géotextile. Elle n’est pas compactée.
  • L’épandage souterrain doit être maillé chaque fois que la topographie le permet.