Rôles et qualités exigés d’un coffrage

Claude PRECHEUR

Donner la forme définitive au béton coulé à l’intérieur est le rôle principal d’un coffrage qui est donc le moule.

  • Il faut qu’il soit indéformable et rigide, avant pendant et après le coulage du béton.
    Cela implique qu’il doit résister à la manutention, aux charges, à la poussée du béton et à la vibration. Tout ceci sans gauchir, sans se déplacer, en conservant ses dimensions initiales conformes aux plans.
  • Il doit être étanche afin d’éviter les pertes de laitance et des éléments fins du béton qui réduiraient l’homogénéité et la résistance du béton.
  • Il doit être également facile assembler et à décoffrer, afin de réduire le coût (temps d’exécution et réemplois).
  • Il doit permettre la mise en place aisée des armatures, la réalisation du parement désiré et un entretien facile et rapide.
    L’exécution d’un coffrage peut représenter jusqu’à 50% d’un prix de revient d’un béton armé.
    C’est pourquoi qu’on utilise aujourd’hui des coffrages métalliques qui imposent un moyen de levage.
    Dans certains cas, nous utilisons des coffrages traditionnels mais cela implique des connaissances techniques et des compétences approfondies afin de pouvoir décider du choix des épaisseurs des bois à utiliser, des raidisseurs à mettre en place et du moyen de serrage.

Pour concevoir un coffrage traditionnel, il faut suivre certains principes.

  • Le coffrage doit être considéré comme un outil, comme un matériel, afin de pouvoir amortir son coût.
  • Trouver la meilleure méthode, (dimensions et assemblage) afin de pouvoir donner à ce moule de nombreux réemplois.
  • La réalisation du coffrage exige un calcul en fonction des charges et poussées qu’il subit.
  • Le choix des bois utilisé se fera en visant l’économie.

Eléments du calcul d’un coffrage.
La poussée exercée par le béton frais sur les parois latérales du moule.
Cette poussée varie suivant plusieurs paramètres qui sont :
- La consistance du béton. Plus celui-ci est mou, plus la pression est importante. Le béton d’un voile mince, nécessairement coulé très plastique, exercera une poussée plus importante qu’un béton plus sec, pour voile d’un mur banché armé normal.
- La masse volumique du béton variant avec la nature des granulats (lourds ou légers)
- Le temps du début de prise du béton.
- La vitesse de remplissage du moule qui influe sur la hauteur de béton frais. Les poussées sur les panneaux d’un poteau ne sont pas identiques à celles exercées sur un voile épais.
- Le mode de serrage agit également sur la pression exercée sur les parois.
- La température ambiante accélère ou ralentit la prise du béton.