Escalier balancé

Claude PRECHEUR

C ’est de loin l’ouvrage le plus difficile à réaliser.

Il existe plusieurs manières de balancer un escalier, certaines très compliquées et peu pratiques.
Pour bien réussir le balancement de l’escalier, il faut viser les buts suivants :

  • Donnez aux marches balancées des collets de valeur progressives telle, que la descente de l’escalier dans la partie tournante côté jour ne soit pas dangereuse.
  • Évitez les jarrets disgracieux du profil de la paillasse.
    À cet effet il est conseillé de suivre les principes suivants :


Choisissir le nombre de marches à balancer

Ne pas hésiter à balancer plus de marches que prévu sur le plan d’architecte afin d’obtenir une meilleure progression des collets ce qui entraîne la suppression des jarrets de la paillasse. Le giron dans notre exemple est de 0,265 m.
Nous verrons donc dans cet ouvrage la méthode la plus utilisée par les chefs de chantiers, c’est à dire :

  • Dans un 1er temps tracer dans votre cage d’escalier l’épure. Placer une marche balancée à cheval sur l’axe de symétrie X Y ou selon la diagonale du quartier tournant
  • Reporter les girons sur la ligne de foulée (à 50 cm du jour), de part et d’autre et à partir de cet axe ou de cette diagonale. On obtiendra ainsi un balancement symétrique. Ce procédé risque de déplacer légèrement les nez de marches de départ et d’arrivée prévue sur le plan initial : l’accord du maître d’oeuvre est donc nécessaire. 0,265 X 3 + 0,10 = 0,94

La méthode de la herse

Sur une aire plane, taper au cordex un triangle COG pour dimensions
OG= Somme des girons des marches jusqu’à l’axe XY soit ici 4,5 girons de 28 cm (marches 7 à 11).
OC = Longueur disponible pour les collets des 4,5

Balancement herse

Tapez les lignes C1 C2 C3 C4
De O comme centre tracez l’arc CC’ ayant pour rayon OC et tapez la ligne OC’ = OC
Le faisceau de lignes obliques coupe OC4 en segments a, b, c, d, e, dont on relève les valeurs : ce sont les collets successifs qu’il suffit de reporter sur l’épure.

On réalise une seconde herse pour la seconde série de marches balancées ( de 11 à 14). Ces valeurs correspondent aux cotes des collets. Nous n’avons plus qu’a reprendre les marches balancées et à les tracer sur l’épure.

  • Remonter sur les murs les contremarches à l’extérieur
  • Remonter sur les murs les contremarches à l’intérieur
  • Tracer la paillasse


En général l’équipe de coffreurs est chargée de ce travail, elle réalise successivement toutes les opérations : coffrage, ferraillage, coulage, décoffrage.

Tout maçon n’est pas capable de le faire. Voici quelques règles pour vous aider.
L’étaiement contre le mur intérieur doit être décollé du mur de 4 à 5 cm afin de pouvoir fixer les planches de la paillasse.

Pour le coffrage de la paillasse c’est le plus difficile. Pour le reste, c’est identique à un escalier droit.


Une fois les supports inférieurs calés, il faut découper vos planches en queue de billard dans la partie tournante de l’escalier balancé, pour réaliser la paillasse. Ce qui vous permet de pouvoir couvrir l’ensemble ( large à l’extérieur mince à l’intérieur). Suivant la finition que vous désirez sous la paillasse, il vous suffira de parfaire l’état de surface en l’enduisant d’une couche de plâtre plus ou moins épaisse pour donner une forme bien arrondie.