Les tours d’étaiement

Claude PRECHEUR

L’étaiement est l’élément de soutien provisoire maintenant les coffrages à la hauteur voulue, avant le décoffrage.
Il est constitué d’étais ou de tour étai ou de tour échelle, où reposent des poutrelles bois ou en aluminium.

Attention :
Que ce soit au montage ou pendant l’exploitation ou au démontage, des accidents graves peuvent survenir.
Les causes sont diverses, il faut donc respecter :

  • l’étude préalable,
  • utiliser du matériel en état de bon fonctionnement,
  • éviter les surcharges locales de poids notamment au coulage,
  • contre-venter le système d’étaiement,
  • éviter le déploiement excessif des tubes ou vérins,
  • prendre appui sur un sol de résistance suffisante ou sur des semelles si n’est pas le cas,
  • ne pas empiler les bois excessivement et de bien centrer les supports. Éviter également l’appui de l’étai sur un parpaing ou en porte-à-faux sur un calage hasardeux.




Les tours d’étaiement utilisées pour les ouvrages de bâtiment servent principalement de reprise de la descente des charges. Outre cette fonction fondamentale, les tours servent occasionnellement de postes de travail en hauteur. S’agissant d’un poste de travail en hauteur, celui-ci doit répondre aux exigences du décret 2004-924 du 1er septembre 2004. Il doit donc être équipé d’un plancher complet jointif, bordé de garde-corps avec lisse, sous lisse et plinthe. Certaines tours sont constituées extérieurement par un enchevêtrement d’éléments métalliques (cadres, échelles, contreventements, diagonales…) qui font ressembler celles-ci à une cage. Il est admis que la fonction d’un garde-corps est d’empêcher la chute des personnes, en particulier par l’intermédiaire de la lisse et de la sous lisse, mais aussi la chute des objets grâce à la plinthe. La plinthe sert également, dans certaines circonstances, à empêcher la chute d’une personne qui glisserait sur le plancher et passerait entre le plancher et la sous lisse.

Préambule

Le document qui suit, concerne les tours échelles et les tours d’étaiement qui se caractérisent par une hauteur Comprise entre 2,50 m et 6 m (hauteur entre le sol et le fond de fourche). Ce cahier des charges a été réalisé avec et à l’attention des constructeurs des tours pour améliorer ce matériel et par conséquent la sécurité des utilisateurs. Les tours échelles et les tours d’étaiement devront, pour respecter le présent cahier des charges, satisfaire à l’une des deux conditions limitatives, ainsi qu’à l’ensemble des moyens complémentaires préconisés.

Conditions limitatives

Marquage NF
Tours d’étaiement métalliques. Attestation de conformité aux normes existantes, avec exigence supplémentaire pour le montage/démontage en sécurité, délivrée par un laboratoire d’essais indépendant.

Moyens complémentaires préconisés

  • Contre le risque de chute de hauteur
    — Les tours doivent, par conception, pouvoir se monter, se démonter et s’utiliser en sécurité, eu égard aux risques de chute de hauteur à l’extérieur de la tour
    — Le montage et le démontage des tours s’effectueront à l’aide de plateaux ou planchons qui couvrent au moins la moitié de la surface de la tour. Ces demi-planchers devront être alternés verticalement, parallèles entre eux et espacés au maximum de 1,50 m.
    — Les opérations de réglage des vérins et de pose des filières doivent pouvoir s’effectuer depuis le dernier plancher qui sera constitué d’éléments jointifs qui couvrent toute la surface de la tour. Une trappe permettra l’accès.
    — Les surfaces de circulation ou de travail devront être antidérapantes. Les plateaux ou planchons seront munis de trappes auto-rabattables avec garde à main.
    — Lorsqu’ils sont destinés à constituer des planchers de travail, les plateaux jointifs entre eux couvriront toute la surface de la tour. Les protections contre les risques de chute à l’extérieur de la tour devront être constituées par des garde-corps placés à une hauteur comprise entre 1,00 m et 1,10 m et comportant au moins une plinthe de butée de 10 à 15 cm, une main courante et une lisse intermédiaire à mi-hauteur, ou par tout autre moyen assurant une sécurité équivalente.
    — Doter les planchons d’un système automatique d’anti-soulèvement.
    — Inclure dans le devis tous les organes de sécurité ; ces derniers ne pourront en aucun cas être en option.
    — Fournir, à la demande, lorsque les tours sont assemblées par palées, des passerelles avec garde-corps permettant de passer d’une tour à l’autre.



  • Contre les risques de troubles musculo-squelettiques
    — Réduire, autant que possible, le poids des éléments et le nombre des pièces qui composent les tours tout en conservant leur résistance.
    — Concevoir la tour pour que son déplacement à la grue soit possible et aisé. Indiquer, sur la notice et sur les plans, les points de levage et le mode d’élingage.
    — Proposer des moyens de ripage des tours.
    — Concevoir les paniers et les racks de recueil du matériel de façon à ce qu’ils puissent être manutentionnés par des chariots transpalettes ou des grues sans que les pièces ne risquent de s’en échapper accidentellement. Ces paniers comporteront une plaque indiquant la charge maximale d’utilisation (CMU) ainsi que le type et le nombre de pièces transportées.
    — Proposer, en option, des roulettes avec dispositif de blocage sur les racks.
    — Prévoir le colisage à vide des panées et des racks, de façon à en réduire l’encombrement.


  • Contre les risques de chute de plain-pied
    — Intégrer les moyens d’accès à l’intérieur de la tour afin que ceux-ci soient utilisables à chaque niveau.
    — Améliorer l’ergonomie des accès à l’intérieur en pied de tour en limitant les obstacles au passage (traverses, barres de contreventement…).
  • Contre les risques d’effondrement et de basculement des tours
    — Faire figurer systématiquement sur la documentation technique et sur les plans de calepinage les conditions de contreventement de l’ensemble.
    — Joindre à chaque bordereau d’expédition, en complément de la notice détaillée du fabricant, une notice de montage/démontage en sécurité cohérente et applicable (y faire figurer les monteurs en respectant les proportions).
    — Rappeler la charge admissible maximale par pied, avec la hauteur maxi, sur les documentations techniques et sur les plans de calepinage des tours en tenant compte du type de poutrelle utilisé (bois, alliage d’aluminium ou composite).
    — Proposer aux utilisateurs l’aide d’un service formation au montage / démontage / déplacement ou un support d’aide à cette formation. Une attention toute particulière devra être portée sur la formation au montage/démontage/ déplacement du matériel spécifique ou non répertorié en catalogue.
    — Joindre systématiquement au devis une notice d’utilisation, ainsi qu’une coupe de la tour montée et les détails de la composition de la tour.
  • Contre les risques divers de manutention et manipulation
    — Rendre solidaire, par verrouillage intégré, le vérin de pied ou la plaque de base à la tour.
    — Rattacher les systèmes de brochage aux éléments de façon à rendre leur perte impossible.
    — Pouvoir utiliser des vérins d’extrémité, en tête et en pied. Les doter de butées de sortie maximale.
    — Intégrer une garde à main dans la coulisse (pour le cadre haut).


Précautions

  • Voir plan d’étaiement de méthode ;
  • Vérification de la nature et de la portance du sol ;
  • Une semelle de bois sous chaque pied ;
  • Vérification de l’aplomb et de la mise à niveau des éléments ;
  • Bien s’assurer de la mise en oeuvre de la diagonale horizontale ;
  • Les planchons sont disposés en quinconce et jointif tous les 3 mètres ;
  • Les poutrelles doivent être axées sur les fourches qui les soutiennent.

Remarque :

Le montage des tours ne peut être réalisé que par du personnel formé. La législation oblige à avoir des plans et notes de calcul adaptés au chantier considéré. Un contrôle de montage doit être effectué par du personnel habilité n’ayant pas participé au montage de la tour d’étaiement.

Cinématique de montage

(1) Mise en place des vérins et de la diagonale horizontale. (2) Mise en place des cadres. (3) Mise en place de la diagonale et verrouillage des vérins imperdables.

(4) Mise en place d’un plateau à trappe auto rabattable et verrouillage anti-soulèvement automatique et mise à niveau de la tour. (5) Mise en place de la diagonale et verrouillage des vérins imperdables. (6) Mise en place des lisses connecteurs GC.



(7) Mise en place des cadres et verrouillage des broches. (8) Rajout d’un plateau à 1,50 m de hauteur maxi et en alternance. (9) Mise en place des diagonales.

(10) Mise en place des lisses connecteurs GC et des cadres ; puis verrouillage des broches. (11) Mise en place de deux plateaux pour le dernier plancher. (12) Mise en place des vérins fourches.



Conclusion

  • Lors des opérations de montage, de démontage, d’accès et de réglage des filières sur les tours, la mise en place de plinthes ne sera pas nécessaire, sous réserve d’une mesure compensatoire, en particulier l’usage de plateaux antidérapants. Lors des autres opérations et en particulier lors de l’utilisation de postes de travail installés sur des tours, les garde-corps devront comporter une plinthe.
  • Les éléments métalliques constitutifs des tours d’étaiement (cadres, échelles, contreventements, diagonales…) peuvent faire office de protection contre la chute de personnes, sous réserve que leurs espacements ne permettent, en aucun cas, la chute d’un utilisateur.
  • Lorsque les planchons ou plateaux sont amenés à constituer un plancher de travail, ceux-ci doivent être jointifs, de façon à obturer le vide de la tour et être bordés d’une protection collective complète, c’est-à-dire de lisses, sous lisses et plinthes, ou de tout autre dispositif d’efficacité au moins.