Les conduits de cheminées et souches

Claude PRECHEUR

Conduits de fumée


Conduits en boisseaux de terre cuite

Les boisseaux de terre cuite sont à parois pleines ou alvéolées.




Ils sont régis par la norme NF P 51-311 "Boisseaux de terre cuite pour conduits de fumée individuels ". Cette norme prévoit en particulier un essai de résistance au choc thermique et un essai de résistance aux agents corrosifs.

L’essai de choc thermique prévoit une montée en température jusqu’à 500°C. Dans le cas des boisseaux utilisés en raccordement entre un foyer fermé ou un insert, la température d’essai est portée à 700 C.

Pour le raccordement à des chaudières basses températures (à haut rendement ou à condensation) dont la température des produits de combustion est inférieure à 250 °C, il existe également des boisseaux répondant à des exigences particulières et qui font l’objet d’un Avis technique. Ces éléments, soumis au ruissellement des condensations et à la vapeur d’eau contenue dans les gaz de combustion, reçoivent un traitement spécifique sur leur face interne afin de les rendre étanches.

Quelques recommandations de mise en œuvre
Suivant la nature du foyer, la construction des conduits de fumée est régie par les NF-DTU et arrêtés suivants :

  • NF-DTU 24.1 " Travaux de fumisterie "
  • NF-DTU 24.2.1 " Cahier des clauses techniques applicables aux cheminées à foyer ouvert équipées ou non d’un récupérateur de chaleur utilisant exclusivement le bois comme combustible ".
  • NF-DTU 24.2.2 " Cahier des clauses techniques applicables aux cheminées équipées d’un foyer fermé ou d’un insert utilisant exclusivement le bois comme combustible ".
  • NF -DTU 24.2.3 " Cahier des clauses techniques applicables aux cheminées équipées d’un foyer fermé ou d’un insert conçu pour utiliser les combustibles minéraux solides et le bois comme combustibles ".
  • Arrêté du 22 octobre 1969.
  • Arrêté du 2 août 1977, modifié par les arrêtés du 23 novembre 1992, du 28 octobre 1993 et du 18 septembre 1995.

Quelques points importants sont résumés ci-dessous :

  • Sens du montage : Lors du montage, l’emboîtement mâle doit être dirigé vers le bas. L’étanchéité aux gaz est assurée par le joint et les condensations n’ont pas tendance à ressortir par capillarité à travers ce dernier.
  • Tracé : Les conduits de fumée doivent être verticaux. Toutefois, des dévoiements peuvent être admis dans les constructions anciennes en cas de réfection complète de conduits et dans les maisons individuelles ayant moins de 2 étages (R + 1). Dans ces deux cas :

— Un conduit ne doit pas comporter plus de deux dévoiements (c’est-à-dire plus d’une partie non verticale) ;
— L’angle de ces dévoiements avec la verticale ne doit pas excéder 20° ; toutefois pour des conduits de moins de 5 m de haut cet angle peut être supérieur à 20° mais sans excéder 45°.

  • Conduits adossés ou accolés : Un conduit adossé est autoporteur, et n’est pas lié sur toute sa hauteur à l’ouvrage adjacent. Un conduit est dit accolé lorsqu’il est solidaire de son support sur toute sa hauteur. Les conduits adossés devront l’être contre des éléments construits en matériau incombustible, d’une stabilité et d’une tenue au feu suffisante. Les conduits accolés ne peuvent être montés que pour desservir des chaudières ou générateurs de petite puissance (puissance calorifique nominale < 35 kW) et doivent avoir une hauteur inférieure ou égale à 15 mètres.
  • Écarts de feu : L’écart entre la paroi intérieure du conduit et un élément combustible doit être d’au moins 16 cm. Dans ce cas, il convient de ne pas interposer un matériau même isolant et incombustible entre le conduit et le matériau combustible. Cet écart minimal peut être réduit jusqu’à 5 cm de la paroi extérieure du conduit à condition que la résistance thermique de la paroi du conduit soit au moins égale à 0,7 W/m².K et qu’il n’existe pas de piège à calorie (air confiné).
  • Traversée des planchers : Un espace libre, calfeutré par un matériau inerte et incombustible, doit être réservé entre le conduit et le plancher.
  • isolation thermique : Une isolation thermique complémentaire, notamment dans la traversée des combles et en souche améliore les conditions de tirage et réduit les condensations éventuelles à l’intérieur du conduit ainsi que les risques de bistrage. La résistance thermique des parois de la souche doit être au moins égale à 0,43 W/m².K.

La souche de conduit de cheminée

La souche est la partie extérieure du conduit sortant du toit. Elle est réalisée très souvent en maçonnerie traditionnelle.
Ses rôles essentiels sont :
— De protéger le conduit des infiltrations de l’eau de pluie.
— D’améliorer le tirage. Pour cela elle doit être isolée pour éviter le refroidissement trop rapide des fumées ne doit pas comporter de rétrécissement du conduit et doit être suffisamment haute pour éviter les refoulements dus au vent.
— De protéger l’habitation contre l’incendie Écart au feu.
— De rester étanche surtout au niveau de la traversée du toit.


Conseils Techniques


La souche doit avoir un couronnement en béton avec larmier (goutte d’eau) et doit se terminer par un aspirateur statique. L’enduit de la souche se réalise au mortier bâtard. Elle se maçonne souvent avec des boisseaux de terre cuite ou de pouzzolane avec une protection thermique par doublage en blocs minces (briques, agglos), ou sans, si ces boisseaux ont un double rang d’alvéoles.

Le dépassement du faîtage : Le débouché de la souche doit être au moins à 40 cm du faîtage, 1,00 m au-dessus d’un acrotère pour un toit terrasse, 1,20 m au-dessus d’une toiture de pente inférieure à 15°.

Sa section intérieure et celle du conduit sur toute la hauteur doit rester constante et les parois doivent être le plus lisses possible.

L’écart au feu est de 16 cm près des bois de charpente et plancher. Un entourage en béton armé s’effectue en suivant la pente dans l’épaisseur des chevrons voisins.

Quelques notions générales

Le conduit de fumée sert à évacuer les gaz brûlés.


  • Le foyer est l’endroit où brûle les combustibles : bois, charbon, fioul, gaz etc…, il existe 2 sortes de foyer.
    — Ouvert : le combustible brûle à l’air libre ;
    — fermé lorsque le combustible brûle à l’intérieur d’un appareil.
  • Un mur d’adossement sera nécessaire lorsque l’on se trouve en présence d’une cloison style placo plâtre. Ce mur d’adossement pourra être exécuté en béton cellulaire ce qui représentera 15 cm de doublage.
  • Renfort de plancher : Lors de la construction de votre plancher, il est important de connaître l’emplacement éventuel d’une cheminée, afin de pouvoir renforcer en acier la dalle de compression.
  • Les boisseaux du conduit de fumée seront maçonnés au mortier bâtard (50% ciment ; 50% chaux) dosé à 450 kg/m3 environ, les parties mâles seront dirigées vers le bas afin d’éviter les coulées de bistre vers les extérieurs des conduits, et les joints intérieurs seront lissés. On n’utilisera jamais de ciment seul, ni plâtre, ni prompt ou autre liant.


  • L’inclinaison d’un conduit de fumée (dévoiement) ne doit pas dépasser 20° si celui-ci est d’une longueur de plus de 5 mètres. Il sera toléré jusqu’à 45° si le conduit est inférieur à 5 mètres.
  • L’écart au feu est impérativement de 16 cm. (Pris de l’intérieur du boisseau vers les pièces combustibles (bois de charpente, solives).
  • La souche est la partie extérieure du conduit de fumée.

Une étanchéité (solin) doit être réalisée par le couvreur à la sortie du toit. L’orifice extérieur terminal d’un conduit de cheminée doit se trouver à 0,40 cm au moins au-dessus de toutes parties de construction distante de moins de 8 mètres.
Les conduits sont réalisés en boisseaux de terre cuite ou pouzzolane, alvéolés. Ils sont : soit carré ou rectangulaires, d’une hauteur de 33 ou 50 cm (parois de 3 cm) ou 25 ou 33 pour les éléments de 5 cm.
L’emboîtement mâle doit se diriger vers le bas pour éviter l’écoulement de la condensation ou du bistre vers les extérieurs des parois.
Les conduits doivent être, au maximum, verticaux. Il existe des exceptions dans les bâtiments de moins de 2 étages. Mais le conduit ne doit pas comporter plus de 2 dévoiements (pas plus de deux parties non verticales). Et l’angle de dévoiement ne doit pas être supérieur à 20°. (Il sera toléré 45° pour un conduit inférieur à 5 m).



L’utilisation du plâtre, ciment prompt sont interdits.