Les poutres et linteaux

Claude PRECHEUR

La poutre

Petits rappel : la poutre en béton armé remplace un mur de refend afin d’économiser de la place tout en supportant le plancher. C’est pourquoi son exécution doit être soignée. Elle peut prendre appui sur les murs (façades, refends) ou sur des poteaux. Pour plus de renseignements concernant son coffrage et son ferraillage vous pouvez vous reporter sur le chapitre béton armé.

Dans un pavillon nous pouvons trouver plusieurs sortes de poutres :

  • La poutre avec retombée : La plus commune des poutres, sa section dont la hauteur doit impérativement être plus importante que la dalle, une retombée est nécessaire, cette partie se trouve sous le plafond.
  • La poutre noyée ou bande noyée : Poutre dont la hauteur est égale à l’épaisseur de la dalle. Aucune retombée est nécessaire. Exemple poutre de maintien d’un chevêtre pour trémie d’escalier.
  • La poutre avec rehausse : Elle est nécessaire lorsque la hauteur de poutre est plus grande que l’épaisseur de la dalle et qu’aucune retombée doit être présente sous le plafond. Le complément de hauteur de poutre se retrouve donc sur le plancher haut.

Les poutres comme les linteaux sont des ouvrages horizontaux qui reposent sur des appuis. Il est donc primordial que ces éléments soient très bien ferraillés. Les barres de gros diamètre se situeront en partie basse sur toute la longueur de la poutre, elles seront présentes en un ou deux lits et en partie haute aux extrémités mais sur une plus petite longueur. Ces barres se nomment "chapeaux".

Des barres de montage servent à maintenir les cadres et étriers. Comme les poteaux, c’est les cadres qui donnent la forme aux poutres (en général rectangulaires).

Mode opératoire

Pose des bastaings
  • Traçage du trait de 1,00 m
  • Vérification des appuis
  • Réglage et pose des étais
  • Calcul de la hauteur
  • Pose des bastaings sur les étais
  • Réglage de la hauteur
  • Maintien de ces bastaings par serre-joints
Pose de fond du coffrage
  • Pose des chevrons (supports du fond de moule)
  • Pose du fond de moule aligné au poteaux
  • Huilage des panneaux
    astuce : Couper le fond de moule 5 à 10 mm plus court que la portée (longueur entre appuis) et garnir le vide par une bande de mastic ou autre (décoffrage aisé).
Confection des panneaux (joues)
  • Pose des joues et du ferraillage ;
  • Pose des arrêts et maintien provisoire sur les poteaux.
Pose d’une butée au pied de panneaux
  • Vérification de l’aplomb et alignement
  • Serrage par serre joints avec entretoises de la largeur de la poutre.
  • Coulage et vibration

La terminologie

Les poutres peuvent être coffrées sur place ou préfabriquées.

Les linteaux


Le linteau est un élément en béton armé qui sert à soutenir la maçonnerie ou les matériaux du mur au-dessus d’une baie, d’une porte, ou d’une fenêtre. Le linteau reporte le poids du mur au-dessus sur les jambages. Il existe des linteaux isolés et continus. Pour être aux normes, le linteau doit répondre à des caractéristiques particulières intrinsèques, et de liaison avec la structure du bâtiment (chaînage, etc.). Les appuis doivent être égal au 1/10ème de la portée avec un minimum de 20 cm. Il est par exemple recommandé que la hauteur du linteau corresponde au 10ème de la portée avec un minimum de 20 cm également.

Exemple : un linteau de 1,20 m doit avoir 20 cm de hauteur. Un linteau de 2,80 m doit avoir 28 cm de hauteur minimum.

Les appuis du linteau sur les jambages doivent être égal au 1/10ème de la portée avec un minimum de 20 cm. La hauteur d’un linteau recommandée doit corresponde, également au 10èmede la portée avec un minimum de 20 cm. Tous les linteaux ≤ à 2,00 m auront 20 cm d’appui et 20 cm de hauteur.


Linteau pour une ouverture de 1,20 m

Exemple : un linteau de 1,20 de portée doit avoir un appui de 20 cm et une hauteur de 20 cm

Linteau pour une ouverture de 2,50 m

Exemple : un linteau de 2,50 de portée doit avoir un appui de 25 cm et une hauteur de 25 cm

Mise en oeuvre


Le linteau est une poutre de petite portée surplombant une ouverture (fenêtre, porte). Pour coffrer un linteau, il faut :

  • Un fond de moule suffisamment résistant à la pression du béton, d’une longueur égale à la longueur de l’ouverture moins 1 cm (pour faciliter le décoffrage).
  • Deux étais par mètre, ou un pré linteau préfabriqué en acier d’une longueur de l’ouverture plus 2 fois 20 cm minimum reposant sur les appuis de chaque côté.
  • Deux panneaux en bois d’une longueur suffisante pour prendre les deux agglos extérieurs et d’une hauteur minimale équivalente à la distance entre la base du fond de moule fond et le dessus de l’agglo.
  • Cinq serre-joints bien répartis.
  • Deux taquets en bois de la largeur de l’agglo (à enlever après coulage).


À savoir ! Veiller à ce que l’enrobage des aciers soit de 3 cm. Pour vibrer le béton, il est fortement recommandé de le faire à l’aiguille vibrante afin de serrer au maximum le béton.





Pour coffrer un linteau en arc de cercle, c’est le même principe mais le fond de moule doit avoir la forme du cintre. (voir coffrage), le coffrage peut être en bois avec contre plaqué cintré ou en polystyrène.




ATTENTION ! Au moment de faire votre tracé pour la découpe des planches, ne pas oublier de déduire les épaisseurs des lattes et contre plaqué.
Tout d’abord nous vous conseillerons de faire une épure qui vous guidera dans les mesures. Voir coffrage