Le béton cellulaire

Claude PRECHEUR

Le béton cellulaire dispose de certains avantages notamment l’isolation permettant d’économiser de l’énergie. La pose est rapide et propre, avec une rendue aisée.

Historique

Le béton cellulaire est un matériau de construction qui a été inventé en 1880 grâce à un procédé du nom de W.Michaelis. Avec l’expansion des mortiers, cependant, E. Hoffman inventa un deuxième béton cellulaire en 1889. Toutefois, il a fallu attendre 1924 pour que la première production en masse ainsi que la commercialisation se fassent et ce, par le suédois Axel Eriksson. Depuis, on compte une moyenne de 500 000 maisons individuelles fabriquées en béton cellulaire chaque année en Europe.

Le béton cellulaire est fabriqué exclusivement avec des matières premières exclusivement naturelles à savoir : du sable, de la chaux, du ciment et de la poudre d’aluminium qui sert à lever la pâte. C’est grâce à ce système, justement, que les cellules d’air se forment, faisant alors du béton cellulaire un matériau de construction bien isolant.
Pour info, voici les taux des composants utilisés dans la fabrication du béton cellulaire : 65% de sable de quartz siliceux, 20% de ciment, 15% de chaux, 0,05% de pâte ou de poudre d’aluminium, 1% de gypse et de l’eau. Avec ces proportions on obtient alors 5m3 de produit fini avec 1m3 de matière première. Sur le marché, le


béton cellulaire est présenté sous forme de blocs ou de panneaux. C’est pour cette raison qu’on s’en sert pour la construction à la fois d’un mur porteur et d’un isolant. Il est aussi employé pour la construction de cloison ou de plancher.

AvantagesInconvenients
- Un matériau de construction léger
- Un isolant de première qualité
- la découpe facile
- Matériaux ecologique
- La pose facile et rapide
- N’attire pas les rangeurs et les insectes
- Incombustible.
- Exposition aux fissures
- Matériaux très friable
- Facteur de rique pour les cancers et la maladie d’Alzheimer
- Imperméable à la vapeur.

Comment se pose le béton cellulaire ?

Prenons l’exemple d’un mur comportant une ouverture (fenêtre), monté avec des blocs de 25 cm.

Pose de la première assise

Le béton cellulaire est un produit dit à joint mince, ce qui veut dire qu’il faudra démarrer sur une surface propre, sèche, parfaitement plane et de niveau identique aux briques monomur. L’idéal est de faire une arase au mortier hydrofugé à 600 kg/m3 parfaitement de niveau.
Chaque angle comporte un bloc aménagé pour laisser passer le chaînage vertical. Les blocs d’angle sont montés en croisés, on encolle le bloc avant de le poser.


L’alignement

Comme en maçonnerie traditionnelle on pose les 4 angles et on tire un cordeau entre les deux arêtes extérieures pour obtenir un alignement parfait.

Le motier

A l’aide d’une truelle spéciale crantée, on dépose une couche de colle sur la totalité de la surface accueillant le prochain bloc. Remarquez que dans ce cas la face verticale est enduite car le bloc n’est pas profilé, on assure donc la solidité en collant ce joint vertical.


Préparation de la colle

Préparation de la colle spéciale au mélangeur un sac de 25 kg pour 5,5 à 6 L d’eau.


Pose des blocs
Réglage des blocs
  • Une fois le joint étalé, on présente le bloc, en faisant reposer légèrement l’arrête contre le bloc précédent avant de le lâcher, on ne doit pas repositionner le bloc, au risque de chasser la colle. La présence des poignées sur le bloc est vraiment un plus.
  • Une fois le bloc posé, on vérifie au niveau et on frappe au maillet pour écraser la colle et ainsi faire jouer quelques millimètres pour ajuster le niveau. Si un bloc présente un faux aplomb on trace un repère pour la phase suivante.

Les joints verticaux à emboîtement nécessitent des collages.


Vérifications

Une fois le rang terminé, on passe une règle alu sur la maçonnerie et on repère ainsi les points d’affleurements qui révèlent, comme sur la photo ci-dessous, les points ou les blocs ne sont pas parfaitement alignés.
Cette phase est essentielle et excellente, en effet le béton cellulaire est la seule maçonnerie que l’on peut rectifier au cours du montage. En enlevant de la matière, pour repartir à chaque rang de manière parfaite...

Création d’ouverture


Le fer d’allège

Avant de pouvoir mettre une ouverture, on doit poser un fer d’allège comme spécifié par le DTU 20.1 dans le dernier rang complet avant l’ouverture.
Pour ce faire, on va tracer à l’axe du mur, une sorte de coffrage dépassant de 60 cm de chaque coté de l’ouverture finale, soit 240 cm pour une fenêtre de 120 cm.

Pour découper le béton cellulaire une scie sauteuse fera très bien l’affaire, choisissez une lame ayant une course de 8 cm, démarrer la machine et une fois la scie en mouvement appliquée la contre le béton cellulaire, découpez. Puis avec votre truelle, cassez les morceaux découpés, vous obtenez un coffrage pour votre fer d’allège. Une fois mise la barre métallique de 8 ou 12 mm, couler un béton à 400 kg/m3.


Les coupes latérales

Le rang suivant, les blocs seront entaillés pour obtenir la hauteur d’allège brute demandée par l’architecte. Le premier rang de ce tableau sera posé à la cote exacte, les rangs supérieurs un débord de 3 cm sera laissé afin de recouper par la suite le tableau pour obtenir un résultat parfait. Le tableau sera coupé de manière parfaite avant d’être poncé, il est prêt à accueillir la menuiserie en feuillure.

Les blocs en U pour le chaînage horizontal

Les blocs une fois montés, deux serre-joint sont posés pour maintenir des guides de chaque coté et les blocs sont coupés à la scie donnant ainsi une arrête propre et sans ponts thermiques. On peut observer également la pose du linteau sur deux blocs taillés pour l’accueillir. Dans ce cas, on a un linteau posé sous bloc de chaînages, le rang suivant sera un rang de U qui permettront de mettre la structure métallique et le béton coulé.