Les murs en pierre de taille et composite

Claude PRECHEUR

Généralités

Qu’appelle-t-on pierres de taille ?

Il s’agit de blocs de pierre appareillés, de fortes dimensions donnant des hauteurs d’assise de 30 à 80 cm (voir plus) et de forme géométrique. Ces éléments dont le parement plan ou courbe peut être traité, sont utilisés comme matériau porteur ou d’habillage.

On peut distinguer 3 styles de pierres de taille :

  • la pierre massive (monument)
  • La pierre pré-taillée en éléments standard dont le format varie de 40 x 30 x 20 à 200 x 60 x 30
  • La pierre pelliculaire, la plaque épaisse de 2 à 6 cm, son format varie 60 x 40, 80 x 50 et 100 x 60 son poids varie de 25 à 75 kg


Mise en œuvre

Mur en pierre avec des pierres de taille

Nous ne parlerons pas de grosses pierres qui ne se fait que sur monuments historiques où leur manipulation ne se fait qu’avec une grue ou appareil de levage. En général les pierres se posent sur cales d’épaisseur avec hourdage au mortier joint vertical 10 mm et horizontal 15 mm. Les techniques que nous traitons là intéressent non seulement la maçonnerie de pierre de taille mais toutes les maçonneries mixtes. Les chaines d’angle sont constituées de morceaux identiques croisés pour former des harpes de liaisonnement. Les jambes diverses sont des piliers en pierres de taille intercalés dans un mur en moellons ou en briques et jouant divers rôles.


l’encadrement des baies
Etaiement et coffrage


Plate bande droite

Le linteau droit ou plate bande droite est constitué de pierres aux faces de lit taillées, des claveaux parfaitement droites.
Il nécessite le tracé d’une épure et l’établissement d’un échafaudage pour sa mise en œuvre.

On commence par les sommiers et on poursuit alternativement à gauche et à droite pour terminer dans l’axe par la clé dont les joints seront matés. On doit exiger une parfaite rectitude des joints qui doivent converger vers le même centre d’un arc imaginaire qui aura un rayon de 1,5 fois l’ouverture de la baie.

Parfois les claveaux sont taillés à crossettes pour éviter tout glissement mais aussi solidarisés et raidis au moyen d’un profilé métallique encastré dans une saignée dans la face arrière ou encore déchargés par un arc en limousinerie placé au dessus de la plate bande et dissimulé par un enduit et peuvent même comporter en arrière un linteau en béton armé.

La mise en œuvre

1. Claveau
2. Bastaing
3. Fond de moule
4. Etai
5. Pierre de taille
6. Serre joint
7. Coin de calage

L’échafaudage

1. Planche support des lisse et garde corps
2. Bastaing
3. Serre joint
4. Plateforme de l’échafaudage (fond de moule de la plate bande droite)
5. Garde et lisse


Arc et voûte en pierre de taille

L’arc a une faible épaisseur qui est égale à celle du mur et tient lieu de linteau de baie. La voûte est plus épaisse et son plan frontal est normal aux murs porteurs, alors que le front de l’arc est parallèle à ce dernier.

Leurs mise en œuvre doivent se faire en respectant certaines règles particulières concernant notamment, l’appareillage qui doit prévoir un nombre impair de voussoirs d’épaisseur constante sur leur face d’intrados.
Ensuite, les joints doivent être rayonnant selon la forme de l’arc toujours normalement à la douelle.
Et pour finir, la préparation des cintres se fera au moyen d’une épure où l’on tiendra compte pour le tracé des veaux, de l’épaisseur du couchis. Si la portée est grande le cintre comportera tirant et contrefiches, il sera positionné au moyen de coins jumelés ou boite à sable ou encore des vérins hydrauliques.

À Savoir ! L’exécution outre les règles signalées, applicables à la pierre de taille, il faut noter que la mise en place de la clé doit être particulièrement soignée avec matage vigoureux des joints et le décintrement ne doit se faire qu’après durcissement suffisant du mortier et sans brutalité avec des coins, boite à sable ou vérins.

Pierre pelliculaire

Pierre pelliculaire
  • Le revêtement accroché : c’est le système classique qui consiste après l’exécution du gros œuvre à accrocher les plaques à celui-ci au moyen d’agrafes scellées à la structure porteuse.
  • Le revêtement autoporteur : chaque dalle repose sur la précédente. La charge est reprise à chaque niveau de plancher. On utilise deux agrafes par plaques (système peu répandu).
  • Le revêtement porté : chaque dalle est indépendante et entièrement supportée par 6 agrafes.


Quelques exemples

Aujourd’hui il existe des éléments à maçonner tel que pierres d’angle, bardeau, gouttières, corniches qui embellissent nos maisons et pleins d’autres ouvrages.


Pierre d’angle
Bardeau
Corniche et gouttière