Étanchéité à l’air

La performance d’étanchéité à l’air, notée Q4Pasurf et évaluée en mettant la maison ou le bâtiment en dépression (ou en surpression) sous 50 Pascal, (le débit des fuites) doit être ≤ à 0.6 m3/h.m² en maison individuelle neuve et à 1 m3/h.m² en logements collectifs neufs.
Associé à une bonne isolation et à une ventilation maîtrisée, le niveau d’étanchéité à l’air du bâti est un indicateur de la performance énergétique de votre logement. Il conditionne la conformité de la construction à la réglementation thermique 2012, la mesure de l’étanchéité à l’air réalisée par un opérateur agréé devenant obligatoire à la réception du chantier. L’organisation d’un chantier basse consommation doit donc prendre en compte la performance d’étanchéité à l’air à atteindre et cela dès la conception. Elle doit assurer une bonne interface de tous les intervenants sur chantier pour obtenir une mise en oeuvre de qualité indispensable à la réussite de l’étanchéité à l’air et donc à la performance énergétique globale du projet. Afin d’anticiper au mieux cette étape, il devient quasi obligatoire d’effectuer un test d’étanchéité en cours de chantier afin de corriger tout défaut de mise en oeuvre et de s’assurer que le niveau de performance exigé est atteint avant la mesure officielle.

Les raisons d’une bonne étanchéité à l’air :

  • Veiller à la qualité de l’air intérieur.
  • Limiter les sensations d’inconfort par courants d’air.
  • Permettre l’affaiblissement de l’isolation acoustique.
  • Réduire la facture énergétique.
  • Une enveloppe de bâtiment non étanche à l’air peut représenter une augmentation de consommation énergétique de près de 10 % à 20 %.

  • Permettre le bon fonctionnement du système de ventilation.
  • S’il y a des défauts de réalisation de l’étanchéité à l’air des parois, le fonctionnement des appareils de ventilation peut se trouver perturbé par des flux d’air parasites.

Attention dans le cas de l’obtention de certains labels, y compris en rénovation, la perméabilité à l’air est mesurée (et non plus prise de manière forfaitaire) pour être incluse dans les calculs des consommations conventionnelles. L’unité de mesure de l’étanchéité à l’air utilisée pour la réglementation thermique en France est I4.

La mesure de la perméabilité à l’air d’une maison se fait selon la norme EN 13829 pour l’enveloppe, et consiste à mettre la maison en dépression pour mesurer les fuites d’air du bâti.

I4={ débit des fuites à 4Pa\over Surface de parois froides}

La mesure de perméabilité à l’air d’un bâtiment n’est valide, dans le cadre de la RT 2012, que si elle est réalisée par un opérateur autorisé par le ministère en charge de la construction.

La RT 2012 permet, par ailleurs, de s’affranchir d’une mesure systématique en fin de travaux pour les bâtiments ayant suivi une démarche qualité agréée par le ministère en charge de la construction, selon la procédure décrite, en fonction du type de bâtiment, soit dans l’Annexe VII de l’arrêté du 26 octobre 2010, soit dans l’Annexe VII de l’arrêté du 28 décembre 2012 portant sur la RT 2012.
Test d’étanchéité à l’air Aussi appelé test d’infiltrométrie, le test d’étanchéité à l’air est une technique qui détermine le niveau d’étanchéité à l’air d’un bâtiment. Le procédé est simple. A l’aide d’une « porte soufflante » présentée sur l’image ci-contre, un différentiel de pression est créé entre l’intérieur et l’extérieur de la construction. Pendant le test, toutes les portes et fenêtres extérieures doivent être fermées, les ouvertures voulues (comme les bouches de VMC) sont également obstruées. A l’intérieur, toutes les portes sont à l’inverse grandes ouvertes.



L’objectif : avec cette configuration, la différence de pression permet de mesurer les infiltrations d’air parasites, c’est-à-dire indésirées dans la construction (en dehors des ouvertures prévues comme la ventilation).

Localisation des principales infiltrations d’air :

  • les châssis de fenêtres,
  • les raccords entre les éléments de construction,
  • façade / toiture,
  • façade / plancher,
  • menuiseries / maçonnerie,
  • les percements,
  • passage de conduites,
  • portes,
  • caissons de volets roulants.


Pour traiter ces points particuliers, il existe des remèdes ayant été validés par des Avis Technique. Ils ont été évalués par le CSTB pour garantir la validité de leurs domaines d’emploi et la pérennité de leurs performances dans le temps. Leur mise en oeuvre a été éprouvée et validée. Tel que les films, divers adhésifs, œillets, mastic etc.

Cas particuliers des maisons anciennes
Les performances thermiques de ces édifices en été comme en hiver, dépendent de l’équilibre hygrothermique des ouvrages qui les composent. L’inertie thermique apportée à la masse est importante en hiver comme en été, essentielle en demi-saison. Plus l’inertie d’une paroi est élevée, plus celle-ci est capable de stocker et de restituer des quantités importantes de chaleur en hiver ou de fraîcheur en été.
— En thermique d’hiver, isoler par l’intérieur une paroi à forte inertie restreint cet avantage. En cas d’isolation les matériaux doivent être perméables à la vapeur d’eau et associés à des enduits eux aussi non étanches.
— En thermique d’été, la perméabilité à la vapeur d’eau est essentielle. Le différentiel de pression intérieur/extérieur fait transiter chaleur et vapeur d’eau. Lorsque le mur est bien géré, la vapeur d’eau circule librement et ne cause aucun dégât.



Dans le cas des maisons anciennes, une isolation globale des parois n’est pas toujours possible (moulurages, ornementation en pierres), ainsi que dans les cas particuliers de création de ponts thermiques avec risques importants de condensation interne et superficielle.

Dans certains cas, il pourrait être judicieux de renoncer à l’isolation des murs et de privilégier des actions sur d’autres postes. L’effet paroi froide qui résulterait de ce choix pourrait être traité par la mise en oeuvre de matériaux faiblement effusifs sur les parois intérieures (en tenant compte de la diffusion de vapeur d’eau).

Penser également à l’utilisation des enduits et mortiers chaux/chanvre qui, bien sûr, ne peuvent en termes de calculs arithmétiques de déperditions rivaliser avec des matériaux isolants. Toutefois, l’amélioration du confort thermique résultante aura une incidence significative sur la consommation d’énergie, régulation de l’humidité ambiante et réduction de l’effet paroi froide.