Le toit terrasse

Claude PRECHEUR

  • Élément porteur : partie supérieur résistante du gros oeuvre (maçonnerie, béton cellulaire autoclave armé, tôle acier nervurée, bois et dérivés…).
  • Écran pare-vapeur : pour éviter l’humidification de l’isolant par condensation.
  • Isolant thermique : pour isoler la construction contre le froid en hiver et la chaleur en été (laine minérale, mousse plastique alvéolaire, verre cellulaire, perlite fibrée, liège…).
  • Revêtement d’étanchéité : pour protéger la construction contre les agressions climatiques : pluie, grêle, neige, vent. (membrane bitumineuse, membrane synthétique, asphalte coulé, système d’étanchéité liquide…)
  • Écran d’indépendance : il peut s’avérer nécessaire pour éviter certaines incompatibilités mécanique ou chimique.
  • Protection du revêtement : contre certaines agressions : agents climatiques, circulation des piétons, circulation et stationnement des véhicules (matériaux meubles, matériaux durs, végétation et son substrat)
  • Accessoires : Fixations, bandes de solins et autres profilés, évacuations d’eaux pluviales, chéneaux, caniveaux, crapaudines, traversées de toitures, joints de dilatation, lanterneaux.


La toiture chaude désigne la toiture plate dont l’isolant est placé sur le support sans lame d’air entre les différentes couches. L’isolant est recouvert par la membrane d’étanchéité. Dans la plupart des cas un écran pare-vapeur doit être interposé entre le support et l’isolant. L’étanchéité peut être lestée ou non.

La toiture « inversée » désigne la toiture plate dont l’étanchéité est placée sur le support et dont l’isolant est posé sur l’étanchéité. L’isolant est donc mouillé par les eaux pluviales. L’isolant est ensuite lesté avec une protection rapportée. Les panneaux rigides en mousse de polystyrène extrudé (XPS) sont les seuls types de panneaux qui conviennent pour ce procédé sous Avis Technique.



Une solution en amélioration énergétique d’un état existant. La toiture combinée consiste en un mélange des techniques "toiture chaude" et "toiture inversée". L’isolation est mise en place en deux couches. La première couche d’isolant est recouverte par la membrane d’étanchéité. La deuxième couche d’isolant (forcément XPS) est placée sur la membrane d’étanchéité. Un écran pare-vapeur est parfois interposé entre le support et l’isolant inférieur. Le lestage est nécessaire.

(1) Lestage récupéré
(2) Nouveau feutre anti contaminant
(3) Nouvel isolant
(4) Membrane d’étanchéité conservée
(5) Isolant conservé
(6) Pare vapeur conservé
(7) Support


Toiture-terrasse végétalisée

Il s’agit d’un système d’étanchéité recouvert d’un élément drainant, d’un substrat et d’un couvert végétal. La végétalisation des terrasses et toitures peut se faire de trois manières différentes selon le contexte et l’usage du site. La végétalisation extensive, ce système utilise un complexe de culture de faible épaisseur (moins de 10 centimètres) créant un couvert végétal permanent qui ne demande que peu d’entretien. Cette technique génère le plus souvent un écosystème sur des surfaces généralement inaccessibles. Ce type d’aménagement est adapté à un grand nombre de surfaces existantes du fait de sa légèreté, contrairement au système de toiture-terrasse jardin.


La végétalisation semi-intensive Le complexe de culture est ici plus épais (de 10 à 30 centimètres). Cette technique est destinée à créer un espace végétal décoratif qui nécessite un entretien modéré sur lequel l’arrosage est indispensable. Ce procédé nécessite une structure pouvant supporter une charge de l’ordre de 150 à 350 kg/m2. La végétalisation intensive ou toiture-terrasse jardin C’est la forme classique des toitures (dites) vertes. Décrite dans le DTU 43.1 (référence NF P 84-204), ses caractéristiques sont les suivantes : fortes épaisseurs, fortes charges, entretien important. La végétation, de type horticole, peut être très diversifiée et de grande hauteur (arbres). Le complexe de culture est généralement de la terre végétale, ou un mélange terreux.

Extrait des « Règles Professionnelles pour la conception et la réalisation des terrasses et toiture végétalisées »

a Sauf régions méridionales et microclimat à faible pluviométrie.
b Des épaisseurs supérieures peuvent être ponctuellement requises pour des plantations ligneuses à grand développement.
c Charge totale du complexe de végétalisation à capacité maximale en eau. La charge à l’état sec, si elle est trop faible, peut dans certains cas, constituer une limite d’utilisation du procédé en fonction de la zone de vent.

Avantages thermiques :

Les toitures et terrasses végétalisées apportent de nombreux avantages en termes de confort intérieur, d’isolation thermique et d’isolation phonique.
Inertie thermique (masse importante) et rôle de protection solaire. Des mesures montre que la capacité de régulation thermique d’une toiture végétalisée permet un abaissement de la température de 3 à 4 °C.



Cette isolation thermique se double d’une performance acoustique mesurée dans le cas d’éléments porteurs en tôles d’acier nervurées

Autre avantage : Rôle de régulation pluviométrique, rétention d’eau, filtre naturel et génère une évaporation des eaux de pluie qui augmente le taux d’humidité et réduit la chaleur de l’air.

Toiture-terrasse et relevé d’étanchéité : Les relevés doivent être mis en oeuvre en adhérence totale avec le support béton.

L’exécution comprend dans l’ordre :

  • Application d’un enduit d’imprégnation à froid (EIF) sur la dalle et le relevé.
  • La mise en place du pare vapeur sur la dalle jusqu’au pied du relevé.

Attention pour les toitures isolées, le DTU impose d’installer en périphérie une équerre en matériau pare vapeur de 60 mm mini dans le deux direction.
— La pose d’isolant, tranche dans l’équerre pare vapeur.
— La mise en place d’un écran d’indépendance jusqu’au pied du relevé.
— La pose d’une équerre de renfort en périphérie du relevé.
— La mise en oeuvre d’une deuxième couche d’étanchéité soudée en plein jusqu’au pied du relevé.
— La pose du relevé d’étanchéité soudé en plein.

Les protections en tête des relevés

  • Le bandeau préfabriqué :
    — Collage et vissage du bandeau préfabriqué conforme aux dispositions de son Avis Technique.
    — Calfeutrement par application d’un mastic titulaire du label SNJF Façade Classe 25
  • La bande de solin (de préférence à gorge carrée)
    — Fixation par vis tous les 30 cm maximum
    — Calfeutrement par application d’un mastic titulaire du label SNJF Façade Classe 25.

L’apport d’isolation entraînant une augmentation de l’épaisseur du complexe, vérifier pour les terrasses accessibles, le respect de la norme NFP 01 012 avec remise en conformité du garde-corps, si nécessaire. Pour les terrasses inaccessibles, si un garde-corps existe, vérifier sa conformité à la norme NF EN 14122-3 avec remise en conformité du garde-corps, si nécessaire. Si la terrasse n’est pas pourvue de garde-corps, conseiller au maître d’ouvrage la mise en sécurité de la terrasse. Vérification des relevés d’étanchéité causes de nombreuses pathologies en toiture terrasse.