L’évacuation des eaux pluviales

Claude PRECHEUR

L’évacuation des eaux pluviales est essentielle pour protéger votre bâtiment contre d’éventuels dommages sur les parois extérieures. Depuis la toiture, l’évacuation des eaux se fait en deux étapes à partir de deux ouvrages bien distincts : un ouvrage d’allure horizontale et un ouvrage d’allure verticale.

Les ouvrages d’allure horizontale

Ces ouvrages ont pour rôle de collecter les eaux venant de la toiture pour ensuite les évacuer vers les tuyaux de descente. Ils sont placés aux abords de la toiture et peuvent être de type chéneau ou de type gouttière.

Les chéneaux

Ils sont intégrés directement dans le gros œuvre, ce qui les rendent souvent invisible. L’entretient et la réparation des chéneaux sont très complexe du fait qu’ils soient incorporés dans la toiture, et aussi les éventuelles fuites sont impossible à détecter. Afin d’éviter l’infiltration d’eau dans le bâtiment en cas d’obstruction du conduit d’évacuation, les chéneaux devront toujours être munis d’un trop plein.

Les chéneaux peuvent soit renverser les eaux de pluies dans une gouttière, soit directement dans les descentes d’eau. Ils peuvent être réalisés en béton armé, en métal autoportant (cuivre, zinc, aluminium, acier, etc.), en bois, en pvc, en contreplaqué ou en terre cuite supportés par une structure en béton. Il peut être soit adossé contre un mur, soit situé en-dessous d’un pan de mur.
Selon leur disposition, nous pouvons distinguer :

Les chéneaux sur entablement
Les chéneaux sur versant
Les chéneaux sur deux versants
Les chéneaux contre mur


Les gouttières

Les gouttières

L’étanchéité de la couverture est déterminante pour la durée de toute construction. C’est pourquoi l’eau de pluie doit pouvoir être rapidement et complètement évacuée. Les gouttières sont reliées au réseau enterré par les tuyaux de descente de débit suffisant. Elles sont indispensables pour protéger les façades des dégradations occasionnées par l’eau de pluie.

Elles varient selon les habitudes régionales, l’architecture avoisinante mais aussi en fonction du matériau employé et de la pente du toit. On distingue deux grands types de gouttière : la gouttière pendante et la gouttière rampante.

Les gouttières pendante

Ce type de gouttière est fixé à l’aide de crochets sous le versant d’une toiture. Ce dernier sera fixé sur les chevrons ou sur une planche de rive.
Souvent appelée gouttière demi-ronde en raison de son profil qui a la forme d’un cercle non fermé, nous pouvons quand même rencontrer d’autres modèles de gouttière pendante telle que :

  • La gouttière carrée, ayant bien évidemment un profil de forme carrée. Elle est idéale pour les grandes bâtisses.
  • La gouttière moulurée, caractérisée par la présence des moulures sur la face exposée. On les rencontre sur les anciennes façades.
  • La gouttière lyonnaise, caractérisée par un pli intérieur favorisant sa rigidité.
  • La gouttière à l’anglaise, de profil demi-ronde, repose sur un entablement horizontal ou bien directement sur la corniche.
Les gouttières rampantes

Plus discret en comparaison avec la gouttière pendante, elle repose sur une corniche, un rebord ou sur une partie de la toiture. Les crochets de ce type de gouttière sont fixés soit directement sur les chevrons soit sur une bande de doublis de toiture.
Elle est généralement fabriquée en zinc ou en aluminium prélaqué et plus rarement en cuivre.
Les différents types de gouttière rampante sont :

  • La gouttière nantaise, appelée aussi Laval, présente un relevé de gouttière verticale dont l’extrémité se termine par un ourlet cylindrique ouvert. Le relevé forme un angle de 70°. Elle a l’avantage d’avoir un profil très esthétique.
  • La gouttière havraise, appelée également ardennaise ou rouennaise, qui présente les mêmes caractéristiques que la gouttière nantaise mais avec un angle relevé arrondi à la base.



Avec la formule de Bazin, voici quelques types de gouttières avec leurs sections en fonction de la surface en plan desservie en considérant une pente minimum de 5mm/m.

Types de gouttière (développé en cm)Section (en cm2)Surface en plan desservie (en m2)
Demi-ronde de 25 57 35
Demi-ronde de 33 113 95
Demi-ronde de 40 174 180
Lyonnaise de 25 43 25
Lyonnaise de 33 100 85
Carré de 33 104 80
Carré de 40 157 140

Par exemple, si vous avez une toiture à deux versants dont la superficie totale est de 135m², vous devrez installer une demi-ronde de 33cm ou un carré de 33cm sur chaque versant de votre toiture.

Pose d’une gouttière 1/2 ronde

Pose d’un tasseau sur les abords
Pose des planches de rive
Repérage des emplacements des crochets bardeau
Fixation des crochets bardeau
Mise en place de la demi-ronde
Pose des solin en profilé métallique
Mise en place de l’écran sous toiture
Pose des liteaux et des contrelattes
Mise en place des tuiles
Le résultat


Les ouvrages d’allure verticale

La descente d’eau

Ces ouvrages concernent les descentes d’eau pluviale. Elles peuvent être réalisées en PVC, en zinc, en aluminium ou en cuivre.
De section circulaire, carrée ou bien rectangulaire, les descentes relient la naissance d’une gouttière ou d’un chéneau à un réseau de collecte d’eaux pluviales comme les regards en pieds de chute. Les descentes ne sont pas forcément verticales, elles peuvent suivre des chemins sinueux et sont raccordées par des coudes ou des dévoiements.
Concernant leur dimensionnement, il est fait en fonction de la quantité d’eau recueillie donc de la surface de la toiture.

Voici un tableau résumant le diamètre intérieur des descentes en fonction de la surface en plan desservie. Pour les descentes rectangulaires a.b, on considère la section équivalente d’une descente circulaire de diamètre d = 2 {a.b \over a + b}


Diamètre intérieure de la descente (mm)Surface en plan desservie (en m2)
60 40
70 55
80 70
90 91
100 113
110 136
120 161
130 190
140 220
150 253
160 287

Pour la même toiture que précédemment, c’est-à-dire une toiture à deux versants de 135m², vous pouvez soit mettre une descente d’eau de 60mm dans les 4 coins de votre toiture, soit installer une descente d’eau de 80mm sur chaque versant.