Les tuiles à emboîtement

Claude PRECHEUR

Les tuiles à emboîtement sont des éléments spécialement conçus pour assurer l’étanchéité par cannelures et nervures s’emboîtant les unes dans les autres tout en gardant l’esthétique de la couverture.

Il y a deux types de tuiles à emboîtement : les petit moule et les grand moule. Tous ces produits sont complétés par des accessoires nécessaires à la couverture. Ce principe de recouvrement permet d’alléger considérablement le poids de la couverture.
Elles peuvent être à simple, à double ou à triple emboîtement en fonction de leur nervures en tête et sur le côté des éléments. Il existe également deux styles de tuiles à emboîtement :

Tuile à emboîtement standard
Tuile à emboîtement romane

Caractéristiques

La mise en œuvre est régie par le DTU 40.21 travaux de couverture en tuile en terre cuite à emboîtement.

Type de tuileNbre d’éléments /m²LitonnagePoids unitairePoids au m²
Grand moule 10 à 15 33 à 41 cm 2,8 à 3,8 kg 37 à 45 kg
Petit moule 20 à 22 24 à 28 cm 1,8 à 2,1 kg 35 à 46 kg

Pentes d’utilisation

Ces pentes sont valables pour des versants n’excédant pas 12 mètres de projection horizontale. Quand on utilise un écran en sous face ces pentes peuvent être diminuées de 1/7 ème. Il existe aussi des tuiles spécialement conçues pour être utilisées avec des pentes inférieures à ce tableau, ces tuiles de catégories A ou B font l’objet d’une fiche technique.

Type de tuileSiteZone d’utilisation


Zone 1
[%]
Zone 2
[%]
Zone 3
[%]
Grand moule Protégé 35 35 50
Normal 40 50 60
Exposé 60 70 80
Petit moule Protégé 40 50 60
Normal 50 60 70
Exposé 70 80 90

Pour les zone voir la carte dans l’article pente minimales admissible des couvertures

Les tuiles à emboitement

Les tuiles à emboîtement ne doivent pas être posées sur un voligeage, cela est interdit. Elles se posent sur litonnage résineux dans le cas d’une charpente en bois, sur cornières lorsque la charpente est métallique. Le pureau de la tuile définit l’écartement des liteaux. Le pureau est donné par le fabricant, c’est celui-ci qu’on utilise pour définir le nombre de lattes à commander pour le chantier.
Le pureau moyen se calcule sur le chantier avant la pose des liteaux.
Exemple sur 12 tuiles prises au hasard sur le chantier, posées à l’envers sur une aire plane, en tirant au maximum les emboîtements, ce qui donne une longueur L. On exécute le contraire en serrant au maxi les emboîtements, ce qui nous donne une longueur l. Le pureau pratique en cm sera de L= l divisé par 20.

La pose

La pose commence toujours par le bas du versant, soit à droite soit à gauche, suivant le sens d’emboîtement de la tuile.
Selon le modèle de tuile, on pose à joint droit ou croisé, dans ce cas il faut des demies tuiles pour débuter ou finir un rang.
Les tuiles doivent être alignées, c’est pourquoi il est utile d’utiliser des tracés verticaux.
Au dessus d’une pente de 150% ou avec un angle de 56,3° et si l’exposition du versant est au vent dominant, on fixe aux liteau les tuiles par clouage ou pannetonnage à raison d’un tuile sur cinq.
Dans les sites exposés et si la pente est supérieur à 100% ou avec un angle de 45°on doit également fixer toutes les tuiles d’égout et de rives.
Avec une pente de 300% ou avec un angle de 71,6°, on fixe toutes les tuiles.
Si on utilise du mortier pour le scellement, on doit impérativement utiliser du mortier de chaux ou bâtard, en aucun cas du mortier de ciment pur.

L’égout

Egout en biais

Les tuiles de départ d’égout sont tranchées à la meule afin d’avoir un ouvrage esthétique.

Egout droit

Le premier de tuile est fixé au 2ème liteau et la base de la tuile est posée sur un double liteau (basculement) pour obtenir la même pente que les autres rangs.

Le faîtage

La ligne de faîtage est recouverte de tuiles spécialement conçues, soit des faîtières à bourrelet ou soit des faîtières à recouvrement.
Elles peuvent être scellées au mortier bâtard ou à la chaux ou posées à sec avec des fixations. Le recouvrement se fait dans le sens opposé au vent de pluie.

Les noues

La charpente doit être conçue pour recevoir la noue. La noue est réalisée à l’aide d’une pièce en zinc ou en métal posée sur un voligeage. Suivant la pente et l’eau à récupérer, la forme et la longueur de cette pièce sera constituée avec un relevé de 2 à 4cm. Les tuiles seront découpées en rive de noue suivant cette ligne en chevauchant sur la pièce métallique de 8cm au moins.


Les rives

Les rives de tête

Le dernier rang de tuile est recouvert de préférence par une garniture en zinc avec une bande de solin.

Les rives latérales

Rive droite : elle est constituée par une tuile spécialement conçue fixée à une planche de rive, elle même clouée sur un chevron ou directement sur le pignon.
Cette planche peut être recouverte par une garniture métallique.
Rive biaise : elle est traitée soit en noue ou soit en arêtier.


Les arêtiers

Sur la ligne d’arêtier, Il faut découper les tuiles en biais selon cette ligne. Sceller et recouvrir de tuiles spécialement conçues (les arêtiers). Le scellement et les joints sont exécutés au mortier de chaux ou bâtard.

Les pénétrations

Pénétrations continues : on entend par pénétration continue, les ouvrages qui limitent la surface de couverture comme la tête de pignon et le mur mitoyen. L’intersection et la pénétration peuvent être suivant la ligne de la plus grande pente ou perpendiculaire à celle-ci, ou encore oblique par rapport à celle-ci.

Pénétrations continues

Pénétrations suivant la ligne de la plus grande pente

Les tuiles sont découpées jusqu’à une demie tuile et un solin en mortier peut être réalisé mais de préférence on utilise une garniture en zinc avec une bande de solin.

Pénétration continue perpendiculaire ou oblique à la ligne de plus grande pente de la couverture

Deux cas sont possibles :

  • on les traite comme des rives de tête lorsque l’intersection se trouve au point le plus haut de la couverture,
  • on les traite comme des chéneaux lorsque l’intersection se trouve au point le plus bas de la couverture.


Pénétrations discontinues : les pénétrations discontinues telle les cheminées, les fenêtres de toit doivent être traitées, sur les côtés et sur le devant, comme des pénétrations continues, à l’arrière, on placera une pièce en zinc sur forme de pente.

La ventilation

Il est indispensable d’avoir une bonne ventilation afin de conserver les tuiles et les bois le plus longtemps possible. Pour avoir une ventilation efficace de la sous face des tuiles, la section des orifices de passage d’air doit être égale à 1/5000 dans une couverture sans écran et de 1/3000 dans le cas de pose avec écran.
Des entrées et des sorties d’air doivent assurer la ventilation, exemple chatières en partie basse et en partie haute. Celles-ci doivent être situées en quinconce sur ligne haute et sur une ligne basse à raison de trois par versant au minimum.
Avec des chatières de 50cm² :

  • il en faudra 1 pour 25 m², si la pente est de 40%, une chatière pour 27m² dans le cas où il n’y a pas d’écran,
  • il en faudra 1 pour 15m² pour une couverture avec écran, si la pente est de 40 %, une chatière pour 16 m².